Une pancarte européenne apparaît devant mes yeux. Alléluia nous voici en Allemagne. D'autres coutumes m'attendent. Je vais, une fois de plus, être confrontée au changement. Maintenant, j'ai l'habitude me direz-vous. La langue, la culture, les traditions. Encore heureux que je parle allemand couramment. Devoir supporter encore un de ces professeurs particuliers, je sature à force mais je dois m'adapter. J'aimerais clamer haut et fort que je ne suis pas une marionnette. Cela serait inutile. Qui écouterait une pauvre fille fraîchement débarquée ? Personne. On la prendrait pour folle. Je suis tout simplement un pantin où mes parents tirent les ficelles pour en faire ce qu'ils veulent. En quelque sorte, je ne suis pas maître de mon destin. C'est bien triste.
Mon père se décide enfin à rompre ce silence, ce silence où je voguais dans mes pensées.
« - Lola, tu vas voir, tu vas bien t'amuser. Ne fais pas cette tête d'enterrement. Ce n'est pas un crime si je suis muté.
- Le problème est que tu l'es sans arrêt. On ne peut donc pas avoir une vie de famille normale ? Avec un père et une mère qui rentrent du travail chaque soir sans prétexter une raison quelconque ? Toi, papa, je peux comprendre, tu es militaire. Mais toi, maman, tu es peut-être rédactrice en chef d'un magasine, il n'empêche que tu es toujours au bureau. Je suis où moi dans l'histoire ?
- Ne commence pas à te plaindre, finit par dire ma mère, tu as déjà des parents en vie. Ce n'est pas le plus important ? Tu n'es pas orpheline, ta vie n'est pas aussi triste que tu le dis.
- *Je le sais ça, tu me ressors toujours cette excuse* Je sais bien mais quand même.
- Donc la discussion s'arrête là, tu n'es pas malheureuse point barre... Tu as souvent tout ce que tu veux... Tu ne peux pas dire le contraire !
- Non, maman. [tout bas] Mais tu ne comprends pas que ce dont j'ai le plus besoin, c'est d'amour maternel !
- Qu'as-tu dit ?
- Oh rien ! J'étais perdue dans mes pensées.
- Ah... ok »